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10 octobre 2014

La formule de Dieu – José Rodrigues Dos Santos


Étonnamment un souvenir de Saint-Maur en poche (édition 2014).

Spécialiste de la linguistique et de la cryptographie, Tomás Noronha est contacté par les autorités iraniennes pour décoder une inscription cryptique d'Albert Einstein. Une formule pour la construction d'une bombe nucléaire ? Acceptant naïvement cette mission, Tomás met le doigt dans un engrenage mêlant la CIA, un gardien de prison iranien, un Boddhisatvva et quelques spécialistes de physique.

Prenez le « Da Vinci code » :
  • Remplacez la symbologie par la science (mathématique et physique).
  • Remplacez la religion par... non, conservez la religion, c'est un truc efficace et vendeur.
  • Remplacez Léonard De Vinci par Albert Einstein.
  • Remplacez Tom Hanks Robert Langdon par Tomás Noronha, Audrey Tautou Sylvie Neveu par une jolie iranienne, Jean Reno Bézu Fache par un des directeurs de la CIA.
  • Remplacez l'Opus Dei par les autorités iraniennes
  • Effectuez d'autres petits remplacements...
...et vous aurez « la formule de Dieu ». C'est efficace, comme le « Da Vinci code ». C'est plaisant, comme le « Da Vinci code ». C'est prenant, comme le « Da Vinci Code ».

Le plus de « la formule de Dieu » est d'y avoir mis de la science. Cela m'a rappelé mon éducation scientifique (force forte, force faible, force électro-magnétique, force de gravité, Einstein, Bohr, Schrödinger, et tutti quanti) et mon inclinaison pour la rationalité.

Succès fulgurant, comme le « Da Vinci code », cette œuvre ne restera pas longtemps dans les mémoire (...comme le « Da Vinci code »). Malgré tout, vive le Portugal !


2 octobre 2014

Qui ? – Jacques Expert


Encore un souvenir de Saint-Maur en poche (édition 2014).

Des les premières pages on sait que cette histoire ne sera pas une sinécure. Carpentras, 1994, une fillette de 10 ans est retrouvée violée et assassinée. Ce crime particulièrement horrible a détruit moralement le quartier pavillonnaire du Grand-Chêne, d'autant plus que le coupable n'a pas été arrêté. 19 ans plus tard, soit quelques mois avant la prescription, un reportage télé rouvre les plaies. Quatre couples dans la tourmente (dont celui de l'assassin) vivent un retour vers le passé pendant la durée de cette émission, avec leurs doutes et leurs certitudes.

Cela commence a devenir une habitude : Jacques Expert chamboule les codes du polar. Le suspense concernant l'identité du criminel n'est dévoilé que dans l'épilogue. Cela nous oblige à suivre et quelque part à nous identifier à ces destins détruits par un horrible événement.
Le coté négatif est que comme les protagonistes traversent les mêmes interrogations et les mêmes doutes, la surprise est quelque peu gâchée car tous les couples sont quasiment identiques et donc tous les hommes de ces couples sont potentiellement coupables.

On préférera :

13 septembre 2014

Thérapie – Sebastian Fitzek


Un souvenir de Saint-Maur en poche (édition 2014).

Il est quasiment impossible de surmonter la disparition de son enfant, et même si l'on est psychiatre, on est pas à l'abri de sombrer dans la folie. C'est ce qui arrive à Viktor Larenz quand il subit cette épreuve. Quatre ans après la disparition de sa fille malade, Larenz rencontre une jeune et étrange écrivain schizophrène qui commence à lui raconter que des personnages imaginaires hantent sa réalité. Un de ces personnages ressemble comme deux gouttes d'eau à la fille disparue de Larenz.

Les cinglés sont pratiques. Ils sont expert pour brouiller les pistes d'une enquête. Et c'est le cas ici où tout ce que l'on peut croire n'est pas forcement la réalité.

Le début du roman est confus et reflète bien la folie de Larenz. Quand il retrouve ses esprits et raconte son histoire, l'histoire est beaucoup plus structurée. Un page-turner dans toute sa splendeur. Vive l'Allemagne !


7 septembre 2014

Profanation – Jussi Adler-Olson


Encore un souvenir de Saint-Maur en poche (édition 2014).

Retour au département V où Carl Mørck ré-ouvre une enquête vieille de plus de vingt ans. Une série d'agressions, de disparitions et de meurtres ont eu lieu à cette période. Les principaux suspects étaient alors des adolescents tous étudiants dans une école privée réservée à l'élite mais seul l'un d'entre eux a été condamné. Aujourd'hui ces adolescents sont aux sommet de la chaîne alimentaire et pas conséquent, sont quasiment intouchables.

À la différence du premier opus, ce n'est pas tant le flair de Carl Mørck ou celui de son fidèle assistant Hafez (qui a encore beaucoup de choses à cacher...) qui font avancer l'enquête mais plutôt les action d'une ex-membre du « gang » qui a sombré dans la folie. Malgré tout, on se laisse prendre au jeu.

L'élite décrite dans ce roman, issue de la jeunesse dorée (de la jeunesse en or massif et pas du plaqué) est parfaitement haïssable. C'est un truc qu'on adore : haïr les nantis. Parce qu'ils contrôlent le monde, qu'ils cumulent une grande partie des richesses, qu'ils ne respectent pas le reste de la population et qu'on en connaît personnellement aucun. Ici, on peut se laisser entraîner par nos instincts et, je l'avoue, c'est assez jouissif.

La citation du jour : « '' Mister Mørk, I presume ! '' dit-elle, hilare, secouant si vigoureusement sa main qu'on aurait dit qu'elle essayait de vider mes poches en même temps. »
La deuxième citation du jour : « Si tu veux savoir ce que ton chameau a volé dans ta cuisine hier, ne lui ouvre pas l'estomac, examine son trou du cul. »
La troisième citation du jour : « Ils avaient passé une heure à table, et Mona Insen commençait à se dégeler un peu quand soudain il fut submergé par une telle vague de soulagement et de bien-être qu'il s'endormit comme une masse, la tête artistiquement posée au milieu de son assiette entre le steak et les brocolis. »

1 septembre 2014

Un long moment de silence – Paul Colize


Un souvenir de Saint-Maur en poche (édition 2014).

Le Caire, 1954 : une tuerie dans l'aéroport fait 40 victimes sans que les coupables ne soient arrêtés. Plus de 50 ans après les faits, Stanislas Kervyn, citoyen belge et fils d'une des victimes sort une livre racontant son enquête personnelle à propos de l'événement. Peu après, un informateur lui fait se rendre compte qu'il s'est trompé sur toute la ligne. Faisant une croix sur son désir de tourner enfin la page, Stanislas ré-ouvre l'enquête. Parallèlement, au sortir de la seconde guerre mondiale, Nathan Katz est contacté par une organisation qui traque les anciens nazis qui ont échappés à la justice.

Après les années 60 de « Back up », Paul Colize s'intéresse dans ce livre à l'après-guerre (et on le comprend après la lecture de la dernière page). Le personnage de Stanislas Kervyn est franchement haïssable : bagarreur, patron tyrannique, aucun respect pour la gente féminine. Malgré cela on ne peut s'empêcher d'accrocher à ces deux destins bien différents afin de connaître les tenants et aboutissants de ce massacre.

De plus, on ne peux s'empêcher de se poser les questions : par rapport au cheminement de Nathan « jusqu'où suis-je prêt à aller pour me venger ? Pour venger mon peuple ? » et à celui de Stanislas « quels sacrifice suis-je prêt à faire pour trouver la vérité ? ». Très prenant. Encore une fois : vive la Belgique !


23 août 2014

Oscar Wilde et le jeu de la mort – Gyles Brandreth


Un souvenir de Saint-Maur en poche (édition 2014).

Après le meurtre aux chandelles, nous retrouvons Oscar Wilde, Robert Sherard (le narrateur) et Arthur Conan Doyle pour une nouvelle enquête. Encore une fois, Oscar Wilde est personnellement concerné par les assassinats car il en est en quelque sorte l'instigateur. C'est en effet à la suite d'un jeu qu'il a proposé lors d'une réunion de son club Socrate que des personnes commencent à disparaître. Le jeu en question est le jeu de la mort, chaque personne inscrit sur un papier le nom de la personne qu'il voudrait tuer. Les papiers sont ensuite placés dans une urne où ils sont tirés un à un. Le but du jeu est de trouver qui veut tuer la personne inscrite sur le bulletin et pourquoi.

Une fois de plus la flamboyance d'Oscar Wilde est rendue à merveille. On trouve aussi avec plaisir des contemporains d'Oscar Wilde comme Abraham « Bram » Stocker. Sans oublier que l'enquête est prenante car dernière victime programmée est la charmante épouse d'Oscar Wilde. Rectification : en fait l'enquête n'est palpitante que dans l'enjeu final. Lors du déroulement de l'enquête, on a l'impression qu'ils naviguent de droite à gauche sans faire de progrès jusqu'à ce qu'Oscar Wilde convoque tout le monde et déballe, avec toute la théâtralité dont il est coutumier, ses imparables conclusions.

La citation du jour : « Surveille tes pensées, car elles deviennent tes paroles, récita-t-il. Surveille tes paroles, car elles deviennent tes actions. Surveille tes actions, car elles deviennent tes habitudes. Surveille tes habitudes, car elles deviennent ton caractère. Surveille ton caractère, car il devient ton destin. »
La deuxième citation du jour qui ressemble à une citation tirée du précédent opus : « Le sérieux est l'unique refuge des gens stupides »
La troisième citation du jour : « La vérité, c'est que j'aime les superstitions. Elles donnent de la couleur à la pensée et à l'imagination. Elles s'opposent au bon sens et le bon sens est l'ennemi de ce qui est romantique. »

17 août 2014

Adieu – Jacques Expert


Un souvenir de Saint-Maur en poche (édition 2014)

Flashback : 2001, des familles (à l'exception du père qui disparaît) sont assassinées en région parisienne. Chargé de l'enquête, le commissaire Langelier piétine jusqu'à que sa hiérarchie l'écarte.
Dix ans plus tard, le soir de son départ à la retraite, Langelier règle ses comptes. Avec l'enquête qu'il a poursuivi dans son temps libre, avec Ferracci, son supérieur qui lui a fait porter le chapeau sur l'échec de l'enquête initiale, avec certains de ses collègues qui l'ont espionné pour le compte de Ferracci.

Une fois de plus, Jacques Expert (à la scène, directeur des programmes de RTL) casse les codes du polar classique : la continuité du flic chargé de l'enquête, le suspense impliqué par un tueur en liberté qu'il faut arrêter avant qu'il ne récidive. Même si l'enquête appartient au passé, la tension est permanente et l'affrontement entre Langelier et Ferracci est magistrale. L'obsession de Langelier est finalement très humaine et cela ajoute au stress. Encore une fois, j'ai été bluffé.

On pourra aussi lire du même auteur « La femme du montre » et « La théorie des six ».

11 août 2014

La théorie des six – Jacques Expert


Un souvenir de Saint Maur En Poche édition 2013.

La théorie des six énoncée par le hongrois Frigyes Karinthy (je n’invente rien, c’est indiqué au dos du livre et si vous ne me croyez pas, suivez les liens vers Wikipedia !) postule que tout individu nous est accessible par l’intermédiaire de six poignées de mains (ça ressemble un peu à l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours).

C’est pour prouver cette théorie qu’un homme commence à assassiner des gens. Il commence donc par tuer un clochard à Marseille avec pour objectif de construire un chemin sanglant vers sa cible. Comme tout psychopathe qui se respecte, il réussit en parallèle à narguer les services de police.

Plus convenu que « La femme du montre » du même auteur, ce polar reste néanmoins original et prenant juste qu'au terrible final.

5 août 2014

Le cinquième jour – Maud Tabachnik


Âmes sensibles, passez votre chemin (et ne vous retournez pas!). Un souvenir de Saint-Maur en Poche.

New-York, de nos jours, un psychopathe de la pire espèce commence une série de meurtre plus glauques les uns que les autres. Tous les inspecteurs dirigés par le commissaire Stan Levine sont sur les dents. Jusqu’à ce Stan lui-même soit impliqué personnellement.

<SPOILER>Sans vouloir déflorer la fin, n’espérez pas y trouver du réconfort.</SPOILER> Étonnant, mais fortement efficace : aucun chapitres ne porte ni de nom, ni de numéro sauf à partir du décompte mortel. Une technique d'écriture consiste à laisser le lecteur se faire une idée de ce qui se passe après la dernière pas. Dans ce cas, rien de ce que l'on peut imaginer n'est réjouissant.
Bizarrement et sans sexisme aucun, ce n'est, de mon expérience, pas commun qu'une femme décrive avec cette précision clinique des scènes et des idées aussi horribles et désespérantes.

Parce qu'il existe certainement des ordures du même acabit que le tueur décrit dans ce polar, ce livre fait partie de ceux qui peuvent remettre en cause votre foi en l'humanité et votre position sur la peine de mort. Toi qui entres dans ce livre, abandonnes tout espoir. Si l'on estime la qualité d'un livre par l'effet qu'il nous fait, celui-ci est incroyable.

Du coup, je vais chercher dans ma PàL quelque chose de plus léger à me mettre sous les yeux...

24 juillet 2014

La femme du monstre – Jacques Expert


Un souvenir de Saint Maur En Poche édition 2013.

C’est un roman qui commence là où il se terminerait classiquement. Le meurtrier est connu et arrêté. Ha ! Mais il est où le suspense, il est où le long labeur des enquêteurs me demanderez-vous. Foin de tout cela car l’histoire commence au premier jour du procès et le point de vue narratif est celui de la femme du criminel. Celle-ci nous raconte leur histoire en tant que couple.

Légèrement raciste, un soupçon vieille France, carrément dominée par son mari, on hésite entre l’envie de la secouer (j’aurais bien dit « de la baffer » mais je ne frappe pas les femmes) et l’empathie qu’elle suscite.

Encore une fois, ce point de vue constitue la grande originalité de roman. Génial !

19 juillet 2014

Back up – Paul Colize


Dans la série « je rattrape mon retard », un souvenir de Saint Maur En Poche édition 2013 avec un auteur du plat pays.

Un SDF se retrouve à l’hôpital victime d’un accident, et du syndrome Locked-in (en France on appelle ça le syndrome du scaphandrier). C’est une bonne occasion pour se remémorer son histoire très fortement liée à la musique. Le coté policier n’est pas en reste car l’événement à l’origine de tout est l’exécution des membres d’un groupe de rock. Qui et surtout pourquoi ?

C’est à une extraordinaire visite des années 60 où le mouvement rock prenait son essor que nous convie Paul Colize. Rempli de référence à des groupes ou des chanteurs que même ceux qui n’ont pas connu ces années en ont entendu parler. L’aspect policier n’est pas en reste avec une montée de la tension tout au long du livre pour se terminer en apothéose avec la toute dernière phrase.

Très original, très accessible, un régal ! Vive la Belgique !


8 juillet 2014

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles – Gyles Brandreth


Une découverte de Saint-Maur en Poche dans la collection « Grands détectives » de 10/18.

Dans le Londres de la fin du XIXième siècle, un ami (amant ?) d'Oscar Wilde est assassiné, ce dernier découvre le corps qui disparaît mystérieusement le lendemain. Assisté de son ami Robert Sherard (qui est à la fois le narrateur et un personnage réel), le plus célèbre dandy britannique va mener l'enquête.

Il est des bouquins dont vous savez, après avoir lu une dizaine de pages, qu'il sera très difficile de les poser (ne serait-ce que pour des choses aussi triviales que travailler, manger ou dormir du sommeil du juste). Ce livre en fait partie. On est littéralement plongé dans l'époque victorienne, dans laquelle on retrouve avec plaisir Arthur Conan Doyle1, dans laquelle aussi, Jack l'éventreur sévit à Whitechapel. De plus, la personnalité (enfin, la personnalité que j'associais au personnage) d'Oscar Wilde est rendue à merveille. Enfin, l'enquête en elle-même est absolument prenante.
A propos de l'enquête, il y a un parallèle certain entre le couple Oscar Wilde – Robert Sherard et Sherlock Holmes – John Watson. Le premier étant le personnage central, l'autre relatant les progrès du premier tout en étant parfois utilisé par le premier.
Bref : un « must have ». Merci monsieur Brandreth.

La citation du jour : « La constance, comme vous le savez, est l'ultime refuge de ceux qui manquent d'imagination »
La deuxième citation du jour (parce qu'on ne se lasse jamais des citations d'Oscar Wilde) : « J'ai des goûts simples ; je me contente de ce qu'il y a de meilleur »
La troisième citation du jour (pour la route) : « Il ne faut jamais attendre de réponse à ses prières, Robert ! Si vous en recevez, elles cessent d'être des prières pour devenir des correspondances... »

1 faut-il le rappeler ? L'homme qui a créé Sherlock Holmes !

9 mai 2013

Cyanure – Camilla Läckberg

Deuxième roman de Läckberg publié en poche (chez Babel Noir, après La princesse des glaces)
Bloqué sur une île par une tempête, le repas de famille de la future ex-copine de Martin Molin (un collègue de Patrick Hedström) s’annonce joyeux. En effet, le richissime grand-père Ruben décède d’un empoisonnement au cyanure. Seul policier sur place, Martin va devoir malgré lui prendre en main l’enquête.
Que seraient les repas de famille sans un meurtre ou deux ?
Un classique whodunit dans la neige.

27 janvier 2013

Une balle dans la tête – Dan Simmons

Troisième et dernier volume des aventures « hard boiled » de Joe Kurtz. Après « Vengeance » et « Revanche », les affaires ne s’arrangent pas pour Joe. Son agent de probation se fait descendre dans un parking tandis que lors de cette même agression, Joe passe à deux doigts de se faire descendre. Considéré comme un suspect dans cette affaire, avec deux clans mafias sur le dos, un psychopathe… comme disent les Américains : « shit keeps piling up ! ».
Malgré un départ très rapide, cet opus est moins rythmé que les précédents opus, il est aussi plus long. Par rapport à la montée de stress, le final qui s’annonçait apocalyptique fait l’effet d’un pétard mouillé.
Distrayant, mais pas à la hauteur des deux premiers… Dommage !

5 janvier 2013

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire – Jonas Jonasson

Imaginez Forrest Gump, enlevez le coté cucul, remplacez son talent pour le tennis de table par un talent pour faire exploser les choses. Remplacez aussi les Etats-Unis par le monde et enfin, remplacez son addiction au Dr. Pepper par de l’alcool (du vrai ! sans petit parasol coloré) et vous aurez alors une idée de la teneur de ce roman incroyablement décalé.
Une heure avant la fête prévue pour son centième anniversaire, Allan Karlsson décide de faire le mur de sa maison de retraite. S’en suit des aventures rocambolesques avec des personnages aussi bizarres les uns que les autres.
Construit sous la forme de deux récits en parallèle : l’aventure contemporaine et la « biographie » du personnage principal, on est scotché par les aléas du destin jamais ennuyeux du personnage principal.
Une très, très bonne surprise (et un cadeau de Noël qui plus est).
La première citation du jour : « Peu après, son père se noya dans l’étang en essayant de sauver une génisse. L’événement affecta Julius car il aimait bien la génisse ».
La seconde citation du jour : « - Alors tu penses que soixante-quinze centilitres d’alcool pourraient résoudre le conflit entre Israël et la Palestine ? lui demanda Bosse. L’histoire remonte quand même à l’époque de la bible !
- Pour ce conflit-là, il faudrait peut-être augmenter la dose, mais le principe reste le même »
Allez ! pour la route, la troisième citation du jour : « Et cela alla en empirant, car les conteneurs s’enflammèrent les uns après les autres. L’un d’eux contenait du gas-oil et de l’essence, qui en général ne servent pas à éteindre le feu. »

13 décembre 2012

Sale cabot – Heinrich Steinfest

Encore une incartade dans le milieu du polar mais c’est pour la bonne cause : maintenant, je peux targuer que j’ai lu tout Steinfest ! (enfin… tout ce qui a été traduit) Petit rappel :
Peut-être parce que c’est son premier roman, la trame policière est assez classique. Ce qui l’est moins, ce sont les personnages. Avant d’aborder la palette des personnages, un petit résumé : écrivain raté, Moritz Mortensen, tombe par hasard sur son seul lecteur. Intrigué il se met à le suivre et assiste à l’assassinat de cet unique lecteur par une femme pour le moins fatale. Pour éviter une erreur judiciaire, Mortensen engage un détective privé manchot. Revenons à la galerie des personnages : Il y a bien sûr Mortensen, veuf, rentier et écrivain raté. Ensuite, il y a Cheng, le privé manchot qui n’a de chinois que le nom et l’apparence. Enfin, il y a Rosenblüt, un « super-flic » qui se trompe, assisté de Thiel, docteur plutôt asocial. Pour conclure la liste, mon personnage préféré : Oreillard, animal domestique et point faible de Cheng, croisement improbable entre un teckel et un berger allemand d’une placidité sans failles.
Tous ces personnages, et c’est ce qui fait le « style » de Steinfest, expriment leurs pensées dans le récit et ces dernières sont, la plupart du temps, complètement décalées. Tout l’intérêt du livre est dans ces réflexions, l’intrigue restant au second plan.
Un bon moment de détente.

14 novembre 2012

Revanche – Dan Simmons

Deuxième volet des aventures de Joe Kurtz, détective privé sans licence. Dans cet opus les emmerdes continuent de s’entasser sur les épaules de Joe : de un, sa tête est mise à prix par une famille mafieuse. De deux, il fortement soupçonné d’avoir abattu un flic. De trois, la fille de sa défunte partenaire a des ennuis avec son père adoptif. De quatre, un tueur en série extrêmement intelligent l’a pris pour cible. De cinq, une autre famille mafieuse l’a dans son collimateur. Bref, c’est pas la joie.
Plus machiavélique que le premier volume, cet épisode (qui le suit directement) est encore plus jouissif. Il faut donc lire le premier volet avent celui-ci. Mention spéciale à Arlène, l’assistante placide de Joe qui ne manque pas de ressources.
La citation du jour : « Mais c’était peu probable, vu que les flics en civil, comme les serpents ou les bonnes sœurs, allaient toujours par deux. »
L’autre citation du jour : « - L’attente risque d’être longue, et il va faire aussi glacé que dans le cul flapi d’une sorcière. »

6 novembre 2012

Vengeance – Dan Simmons

Je connaissais le Simmons auteur de SF avec Hypérion et Endymion, le Simmons auteur de fantastique avec le Styx coule à l’envers et l’échiquier du mal mais je ne connaissais pas le Simmons auteur de polar hard-boiled. Cette lacune est maintenant comblée avec Vengeance (Hardcase en V.O.), le premier volume du cycle Joe Kurtz.
Joe est un privé, un vrai, qui a perdu sa licence après avoir fait justice lui-même et purgé une peine de prison (ça c’est juste 20 première pages…). De retour à la vie civile, Joe se met à dos pas mal de monde et des gens pas vraiment sympa.
Globalement bien ficelé et avec une belle brochette de personnages secondaires, ce roman est un vrai régal de cynisme et de justice vite expédiée.
La citation du jour : « mais entre la gêne et un pruneau dans la tête, il avait toujours préféré la gêne ».

6 octobre 2012

L’homme au balcon – Maj Sjöwall / Per Wahlöö

Troisième volume de la décalogie Martin Beck, il est à noter que les crimes sont de plus en plus horrible. Dans ce volume, il s’agit de fillettes, créant à Stockholm un vent de panique : création de milices, mobilisation de tous les services de police…
Au fait de second plan, on voit arriver les technologies « moderne », ainsi, les services de police comment à être équipée d’ordinateurs (la révolution technologique commence). Mais ce qui prime dans ces roman, c’est l’humain (même si pour Mellander, on se pose des questions).
Comme je le disais dans les posts précédents, les policiers ne sont toujours pas des super-flics mais juste des personnes acharnées et dévouées. La facteur hasard à aussi son importance. Ce qui me fascine dans ces romans, c’est une autre perspective sur les années de mon enfance.

15 septembre 2012

Le onzième pion – Heinrich Steinfest


Fin de la semaine Steinfest avec le onzième pion et pour une fois les « critiques » de la quatrième de couverture sont méritées : « …le maître de la comparaison insolite.. », « Un recueil d’aphorismes grandioses… ». Alors si vous cherchez un polar classique avec un flic génial/dépressif/asocial, passez votre chemin !
Suite au passage d’une pomme à travers une vitre, Georg Stransky disparaît. Lilli Steinbeck enquête accompagnée d’un ancien barbouze obèse quasi-invulnérable (je n’exagère pas). Le reste n’est pas résumable : des dodos, un bébé qui braille, le Yémen, St Paul…
Je me suis régalé avec les comparaisons et aphorismes mais je dois avouer que j’ai été frustré par la fin, car cette enquête est plus prenante que celle de « Requins d’eau douce » et je n’aurais pas été surpris par un second volet.
Quelques citations du jour (une seule n’était pas suffisante…) :
« L’instinct est un bon ami, tantôt il a raison, tantôt non, mais ses intentions sont toujours bonnes »
« Sa voix possédait l’arrogance d’un morceau de savon qui vous glisse des mains »
« Venez seul. Cette histoire a montré que moins on est nombreux, mieux on se tape dessus »
« …, à Paris – ville qui exhibe son charme comme s’il s’agissait d’un slip léopard surdimensionné – … »