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13 décembre 2012

Sale cabot – Heinrich Steinfest

Encore une incartade dans le milieu du polar mais c’est pour la bonne cause : maintenant, je peux targuer que j’ai lu tout Steinfest ! (enfin… tout ce qui a été traduit) Petit rappel :
Peut-être parce que c’est son premier roman, la trame policière est assez classique. Ce qui l’est moins, ce sont les personnages. Avant d’aborder la palette des personnages, un petit résumé : écrivain raté, Moritz Mortensen, tombe par hasard sur son seul lecteur. Intrigué il se met à le suivre et assiste à l’assassinat de cet unique lecteur par une femme pour le moins fatale. Pour éviter une erreur judiciaire, Mortensen engage un détective privé manchot. Revenons à la galerie des personnages : Il y a bien sûr Mortensen, veuf, rentier et écrivain raté. Ensuite, il y a Cheng, le privé manchot qui n’a de chinois que le nom et l’apparence. Enfin, il y a Rosenblüt, un « super-flic » qui se trompe, assisté de Thiel, docteur plutôt asocial. Pour conclure la liste, mon personnage préféré : Oreillard, animal domestique et point faible de Cheng, croisement improbable entre un teckel et un berger allemand d’une placidité sans failles.
Tous ces personnages, et c’est ce qui fait le « style » de Steinfest, expriment leurs pensées dans le récit et ces dernières sont, la plupart du temps, complètement décalées. Tout l’intérêt du livre est dans ces réflexions, l’intrigue restant au second plan.
Un bon moment de détente.

17 septembre 2012

Rencontre : Heinrich Steinfest


Point culminant de ma semaine « Steinfest », j’ai eu la chance, de rencontrer hier l’auteur à la librairie Charybde (pub !). Comme je suis partageur voici le résumé de cette rencontre.
Malgré l’obstacle linguistique « Il parle allemand, pas moi ! Je parle français, pas lui ! », Mr Steinfest est un auteur sympathique.
Après sa description de son processus d’écriture (il fait partie des auteurs qui ne savent pas où ils vont), et avec l’aide d’un interprète j’ai pu, malgré la foule et l’interdiction formelle des spoilers lui poser quelques questions.
Au départ je voulais lui demander pourquoi aucun de ses personnages (y compris les secondaires) n’était normal, j’ai modifié la question en « est-ce qu’il considère ses personnages comme normaux ? ». La réponse est qu’il ne les considère pas anormaux (inquiétant) et qu’il avait rencontré des gens tout aussi bizarre (encore plus inquiétant).
A la question « est-ce que la beauté du nez est inversement proportionnel au flair ? » il m’a répondu que c’était une hypothèse tout à fait acceptable (pour comprendre la question, lire « Le onzième pion »).
Coté projet, une revisitation du conte Hansel et Gretel qui s’appellera « Gretel et Hansel »

15 septembre 2012

Le onzième pion – Heinrich Steinfest


Fin de la semaine Steinfest avec le onzième pion et pour une fois les « critiques » de la quatrième de couverture sont méritées : « …le maître de la comparaison insolite.. », « Un recueil d’aphorismes grandioses… ». Alors si vous cherchez un polar classique avec un flic génial/dépressif/asocial, passez votre chemin !
Suite au passage d’une pomme à travers une vitre, Georg Stransky disparaît. Lilli Steinbeck enquête accompagnée d’un ancien barbouze obèse quasi-invulnérable (je n’exagère pas). Le reste n’est pas résumable : des dodos, un bébé qui braille, le Yémen, St Paul…
Je me suis régalé avec les comparaisons et aphorismes mais je dois avouer que j’ai été frustré par la fin, car cette enquête est plus prenante que celle de « Requins d’eau douce » et je n’aurais pas été surpris par un second volet.
Quelques citations du jour (une seule n’était pas suffisante…) :
« L’instinct est un bon ami, tantôt il a raison, tantôt non, mais ses intentions sont toujours bonnes »
« Sa voix possédait l’arrogance d’un morceau de savon qui vous glisse des mains »
« Venez seul. Cette histoire a montré que moins on est nombreux, mieux on se tape dessus »
« …, à Paris – ville qui exhibe son charme comme s’il s’agissait d’un slip léopard surdimensionné – … »

13 septembre 2012

Requins d’eau douce – Heinrich Steinfest

Attention : OLNI (Objet Livresque Non Identifié) !
Tout est bizarre dans ce livre : le personnage principal (un flic quarantenaire sans arme et vivant chez ses parents et c’est loin d’être tout !), son collègue (un autre flic, lui plein aux as et vouant un culte à sa cuisine), le suspect (non, là je ne dirais rien…), les personnages secondaires (un spécialiste des requins ne supportant pas la mer, …), le cadavre.
Le cadavre parlons-en : découvert dans une piscine en haut d’un immeuble de Vienne, il s’avère que la cause de la mort soit un requin (d’où le spécialiste en requins)… Tout laisse penser à une enquête difficile… Et bien non, pas tant que ça.
La saveur de ce polar atypique réside dans la narration ou l’auteur révèle les pensées et les avis des protagonistes (y compris les plus inavouables).