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4 octobre 2014

Finir en beauté – Christophe Langlois


Un autre souvenir des Dystopiales n°8 chez l'arbre vengeur (l'éditeur entre autres de « Ours » de Diego Vecchio).

Recueil de nouvelles par l'auteur de « Boire la tasse », lauréat 2012 du GPI dans la catégorie nouvelle.

J'ai eu très peur en attaquant ce recueil car le langage utilisé dans la première nouvelle est ampoulé à l'excès. En conséquence, je me suis dit qu'il n'allait pas tarder à rejoindre d'autres compères sur mon mur de la honte. Heureusement, la première nouvelle n'est pas représentative de l'ensemble du recueil. La plupart sont très originales mais je m'attendais pour chacune à une fin plus pêchue.

4 septembre 2014

Alternative rock – Collectif


Dernier livre me restant à lire de l'opération « Rock & SF » chez Folio SF.
Après « Fugues » de Lewis Shiner, « Armageddon Rag » de George R.R. Martin et sans compter « Le temps du Twist » de Joël Houssin (lu il y a de cela un certain temps dans son édition Présence du Futur) et « La mort peut danser » de Jean-Marc Ligny (aussi lu dans son édition Présence du Futur), c'est au tour de sept auteurs dont la réputation n'est plus à faire de s'attaquer au thème du Rock n' Roll sous l'angle de la SF.

Entre le douzième album des Beatles, une rencontre entre Buddy Holly, Elvis Presley, Janis Joplin après leurs décès, un Elvis communiste, un Jimi Hendrix ressucité et un Lennon qui a quitté les Beatles avant leur succès, les traitements sont bien différents malgré la récurrence de certains personnages.

Il est assez surprenant de constater qu'un auteur spécialisé dans le hard SF (en l'occurrence Stephen Baxter) éprouve une aussi grande passion pour les Beattles. Les autres nouvelles étant réalisées par des écrivains plus éclectiques, on est donc moins étonné. Si je devais n'en choisir qu'une nouvelle parmi les cinq, ce serait probablement « Elvis le rouge » où un King alternatif choisit la voie du peuple.

26 août 2014

Un éclat de givre – Estelle Faye


Un souvenir des dernières dystopiales.

Dans un Paris post-apocalyptique, Chet se débrouille comme il peut : en chantant dans un club de jazz de Montmartre et en rendant des « services ». Un de ces « services » consiste à rechercher le vendeur d'une nouvelle drogue en Enfer. L'enfer, c'est l'ex quartier de Denfert-Rochereau. La drogue elle, permet de ne plus ressentir les effets de la chaleur qui est tropicale dans ce Paris presque totalement revenu à la nature.

Je suis intimement persuadé qu'Estelle Faye voulait d'abord une héroïne féminine. Pour une raison ou une autre son personnage principal est devenu un homosexuel (bisexuel si l'on veut être précis) avec une sensibilité exacerbée et un talent tout féminin de la description vestimentaire.

Autant vous l'avouer tout de suite, je n'ai pas particulièrement apprécié cette œuvre que je qualifierais de suite improvisée d'événements (presque) sans queue ni tête entrecoupée de très longs émois et auto-analyses du héros. J'ai failli l'abandonner à plusieurs reprise, sans doute parce que je ne suis pas le cœur de cible : mâle, hétéro, habitant dans la région parisienne mais n'éprouvant pour la ville qu'un intérêt limité, n'appréciant pas le jazz ni les descriptions des tenues vestimentaires. Bref, peu de choses en commun avec mon caractère. Et à 21 € le bouquin, ça me reste un peu en travers de la gorge.

Le coté positif (quand même) est la superbe couverture d'Aurélien Police.

20 août 2014

Intrusions – Pierre Stolze


Les fidèles de ce blog ont compris que je voue une vénération sans borne à Pierre Stolze, et ce depuis 1986 où j'ai lu « Marylin Monroe et les samouraïs du père Noël ». Un peu tardivement je vous l'accorde, j'essaie de compléter ma collection de livre de cet auteur.
Intrusions étant depuis longtemps indisponible et introuvable par mes réseaux habituels, je me suis décidé à demander directement à l'auteur s'il n'avait pas un exemplaire dont il voudrait se débarrasser pour le modeste lecteur que je suis. Rendez-vous est pris pour les imaginales où s'est effectuée la transaction. Pensant avoir enfin la totale, grande a été ma déception quand je me suis rendu compte qu'il me manquait aussi « Les métamorphoses du Vorax »... Damn !

Entre le dernier homme sur terre affrontant les parques, un guerrier japonais se transformant en ours, des chevaliers teutons, un architecte confronté à une concentré de différentes culture,... ce livre est un recueil de six nouvelles hétéroclites avec pourtant un point commun : l'intrusion d'un élément discordant dans une situation (relativement) stable.

Ce livre qui approche du quart de siècle (car édité en 1990 aux édition de l'aurore dans la collection Science-Fiction) est un recueil de nouvelles où, une fois encore, le « pas encore quadragénaire » Pierre Stolze nous laisse imaginer l'étendue de sa culture. Que ce soit sur les religions, le japon médiéval, l'art... Docteur Stolze connaît tout ! Le plus impressionnant est que tous ces éléments encyclopédiques sont au service de l'histoire. Merci docteur !

Du docteur Stolze, je vous conseille aussi, dans un registre complètement différent « Georges, Simone et Salomon »

14 août 2014

Le casse du continuum (Cosmique fric-frac) – Léo Henry


Sorti directement en poche chez Folio SF.

Vostok 17-1456, Kaboom, Brescia, Octave, Marymay, Tabitha et Rétrominot sont les meilleurs dans leur partie. Que ce soit le massacre, les cambriolages de haut vol ou les explosifs. Ils sont réunis sous la tutelle de la sentinelle pour effectuer le casse du continuum ou plutôt le hack de Dieu.

Qu'il soit sorti directement en poche m'a rappelé la grande époque de J'ai Lu Science-fiction qui, sous l'égide de Jacques Sadoul sortait à l'époque une grande quantité de livres inédits. Tempus Fugit.

Il faut quand même que Folio SF se calme sur les quatrièmes de couverture, je cite : « Thriller de science-fiction convoquant tour à tour les souvenirs d'Ocean's Eleven, de Ratinox, d'Inception, de James Bond et de bien d'autres ». Ocean's Eleven ? De un, ils ne sont pas onze, de deux c'est de la SF ! Ratinox ? Cette référence est un peu plus légitime... Mais bon... Inception ? Là, je ne vois pas... James Bond ? Et puis quoi encore ? Madame Bovary ? Jane Austen ?
Ça continue avec un bel exemple de flagornerie, je cite : « L'occasion pour Léo Henry de laisser miroiter toutes les facettes de son talent : intelligence scénaristique, style affûté, imagination débordante, humour ravageur... ». Remarquez les points de suspension, qui impliquent qu'il y en a beaucoup d'autres (de qualités) mais l'espace disponible étant limité, ils n'ont pas pu toutes les mettre (les qualités). Je pense que Folio SF doit beaucoup de fric à Léo...

Bien plus accessible que la série Yirminadingrad en collaboration avec Jacques Mucchielli et d'autres, aussi divertissant qu'il soit, ce livre ne mérite pas autant de cirage de pompe.

2 août 2014

Fugues – Lewis Shiner


Ray Shackelford, réparateur de matériel hi-fi, a le pouvoir de faire revivre les albums mythiques qui font partie de la légende de la musique : « Celebration Of The Lizard » des Doors, « Shine » des Beach Boys, etc. Ces albums n'ont jamais vu le jour mais ont fait l'objet de beaucoup de littérature spécialisée. Utiliser ce pouvoir à des fin mercantiles s'impose donc avec logique. Mais extraire du passé des choses qui n'auraient pas du exister est-il sans danger ?

En dépit du World Fantasy Award (1994), j'ai été désappointé par la structure du livre :
  • La découverte et le début de l'exploitation de son pouvoir.
  • Un interlude ou le héros part en vacances.
  • La reprise des affaires.
Je n'ai absolument pas compris l'intérêt pour l'histoire de cet interlude. De plus, la science-fiction, et en particulier le paradoxe temporel n'occupe qu'une partie anecdotique. Sans cet élément, on peut prendre le roman comme l'histoire d'un mec passionné de musique, qui a des soucis avec sa femme, tombe amoureux pendant ses vacances, essaie de surmonter une enfance marquée par le traitement que lui a infligé son père. Quand j'achète un bouquin estampillé « Science-Fiction » dans une collection de science-fiction, je m'attend à plus de science-fiction. Je crois que j'ai suffisamment répété « science-fiction » pour aujourd'hui. Demain, je m'attaque à un polar.

Dans la thématique musicale, on préférera Armageddon Rag de George R.R. Martin.

La citation du jour : « Peut-être n'en faut-il pas plus pour être heureux : la jeunesse, la beauté et un esprit vide de pensée. »

14 juillet 2014

Dolfi et Marilyn – François Saintonge


2060, Professeur d'histoire spécialiste du XXième siècle, Tycho « rien à voir avec le cratère sélène » Mercier se retrouve en possession d'un clone pour le moins encombrant. En effet, c'est un clone d'Adolf Hitler et ceux-ci ont été déclarés illégaux. Comme si cela ne suffisait pas, son voisin passe l'arme à gauche et le clone de contrebande de Marylin Monroe qu'il possédait trouve asile chez les Mercier.

En plus des questions éthiques, François Saintonge pose aussi les questions de société. Comment un clone, illégal ou non, doit-il s'intégrer à la société ? Est-ce qu'un clone peut remplacer son équivalent « réel » ? Sommes nous condamnés à échouer dans le devoir de mémoire ? Etc...
Quelques longueurs mais des questions intéressantes.

La citation du jour : « Utile ou inutile, inoffensif ou dangereux, Homo faber est déterminé à fabriquer tout ce qu'Homo mercantor pourra fourguer »

4 juillet 2014

Avance rapide – Michael Marshall (Smith)


Publié en mars chez Milady (la collection poche de Bragelonne), c'est le premier livre de Michael Marshall (qui signe parfois Michael Marshall Smith).

La cité à bien changée depuis notre bon vieux XXIième siècle. Les quartiers de la ville ont pris leur indépendance et au sein de ceux-ci règnent des lois particulières. Dans le quartier du son, il est interdit d'en émettre (des sons). Le Stable est un quartier refermé sur lui-même qui croit que l'extérieur est radio-activement mortel. Le quartier Natsci est spécialisé dans la technologie...
Dans cette environnement, Stark est chargé de mener une enquête sur l'enlèvement d'un habitant haut placé du quartier Centre. Bien sûr, ça commence toujours par une enquête tranquille mais ça dégénère rapidement.

Mon seul point de comparaison pour Michael Marshall (Smith) est « Les domestiques », roman fantastique (dans tous les sens du terme) publié chez le même éditeur. Onze années séparent les deux livres et cela se sent. Alors que dans « Les domestiques », l'intrigue est amenée petit à petit vers un final éblouissant, dans « Avance rapide », l'intrigue change trop souvent de direction et de sujet. Cela se laisse lire mais ça fait un peu brouillon.

La citation du jour : « Si ça bouge, tire, si ça ne bouge pas, tire jusqu'à ce que ça bouge ».

2 juillet 2014

Armageddon rag – George R. R. Martin


Non ! George R. R. Martin, ce n'est pas QUE Game Of Thrones (remarque, avant l'adaptation en série par HBO, peu de gens connaissaient le trône de fer et encore moins Martin). Armageddon Rag est un exemple parmi bien d'autres.

Suite au meurtre sauvage d'un imprésario, Sander « Sandy » Blair, écrivain victime d'un « blocage » est engagé par un magazine pour mener l'enquête. Le livre se découpe en deux parties : d'abord un pèlerinage nostalgique suivie d'une partie fantastique.

L'ensemble est redoutable d'efficacité et ceux qui ont connu la période narrée en détail (le début des année 70) pourront y reconnaître une partie de leur culture musicale.

La citation du jour : « Klaatu Borada Nicto, Gort ». Il m'a fallu deux bonnes minutes pour me remémorer l'origine. Et vous ?

PS : Le trône de fer trône fièrement sur mon mur de la honte.

24 juin 2014

Dæmone – Thomas Day


Ce livre a une histoire : d'abord publié au Bélial sous le titre « Les cinq derniers contrats de Dæmone Eraser », remanié pour être édité sous le titre « Dæmone » toujours chez Bélial pour et enfin publié dans sa version poche chez Folio SF.

Gladiateur du futur, David Rozenberg A.K.A. Dæmone Eraser se voit proposer un contrat Faustien dans l'espoir de retrouver sa compagne plongée dans un coma irréversible. Ce contrat porte sur l'élimination de cinq personnes (pas d'enfant, pas d'innocent). Version combative d'Orphée, Dæmone visitera des enfers créés par l'homme pour atteindre son objectif.

Totalement assumé par l'auteur, ce texte est une série B de science-fiction (sans la science) et par conséquent certainement pas le meilleur Thomas Day bien qu'il se laisse lire (très rapidement).

17 juin 2014

Les opéras de l'espace – Laurent Genefort


De temps en temps, je tente un livre de Laurent Genefort. A part quelques rares exceptions (ici et ici), je suis systématiquement déçu avec en plus le sentiment rageant d'avoir perdu mon temps. C'est encore le cas avec les opéras de l'espace.

Un chanteur d'opéra divo (masculinisation de diva) perd sa voix qui avait été trafiquée par une race mystérieuse : les yuwehs. Il entreprend donc un pèlerinage pour retrouver un représentant de cette race afin qu'il le guérisse.
Il s'en suit donc une liste d'aventures ternes et sans suspense avec des personnages tout aussi ternes. Pourquoi tant de haine ? Les protagonistes ne suscitent pas l'empathie, les écueils auxquels sont confrontés l'équipe sont fades car à chaque fois elle s'en tire très facilement, la morale est on ne peut plus convenue...

C'est peut-être mon incapacité à percevoir le second (et les suivants) degré du récit mais pour moi c'est un livre très dispensable.

12 juin 2014

Ganesha – Xavier Mauméjean


Je l'ai appris récemment (merci noosfere !), Hélios est une collection débutée par Mnémos et qui maintenant est commune à trois éditeurs : Mnémos, les Moutons électriques et ActuSF qui publieront à tour de rôle dans cette collection.

Quand on évoque Ganesha, on pense tout de suite à la rani en sari préparant le cari (les amateurs de mots fléchés comprendront). Plus sérieusement, on pense à la divinité hindouiste à tête d'éléphant. En réalité, le livre nous conte quatre enquêtes menées par Joseph « Elephant-man » Merrick (personnage réel immortalisé par le film éponyme : « I am not an elephant! I am not an animal! I am a human being! I am a man! »).
C'est a un Joseph Merrick, post freak show et avec un léger complexe de supériorité voire complexe de Dieu (hindouiste), que nous avons affaire.

J'ai trouvé les enquêtes assez inégales en terme de clarté et d'accessibilité. L'ordre de mes préférences est
- Automne : palpitante,
- Hiver : flippante,
- Été : aliénante,
- Printemps : j'ai clairement pas tout compris.

Mon conseil : à lire à coté de Wikipedia (ou d'une encyclopédie à l'ancienne) pour vérifier ce qui est réel de ce qui est inventé.
Avec la Vénus anatomique et la géographie de Sherlock Holmes, on sait que la période victorienne inspire Xavier Mauméjean et c'est avec beaucoup de réalisme qu'il nous dépeint cette ambiance très particulière.

Par contre, le truc qui m'a complètement échappé ce sont les 4 illustrations avant chaque enquête : une image de Ganesha tenant dans chaque main (et il en a beaucoup !) des indices concernant l'investigation placée au dessus d'une partie croissante d'une carte de tarot. Pourquoi la carte de la tour ? Quelle est la signification du crâne en dessous de Ganesha ?

De Xavier Mauméjean, on pourra lire aussi : 

La citation du jour (que je prend pour moi) : « Déjà, à cette époque, les Jack sont gens d'habitudes »

6 juin 2014

Le pense-bête – Fritz Leiber


Fritz Leiber est surtout connu pour pour la sage de fantasy « le cycle des épées » mettant en scène les personnages de Fafhrd et Souricier Gris. La collection Dyschroniques des éditions Le Passager Clandestin nous ré-offre une nouvelle datant de 1962, dont la dernière publication en France date de 1986.
En pleine guerre froide et bien loin des standards de la fantasy, cette histoire de science-fiction pure et dure nous présente les impacts sociétaux d'une invention destinée au départ à nous rappeler des trucs, une espèce d'assistant personnel quoi !

Remplacez ces mémorisateurs par une invention technologique de notre ère devenue indispensable comme le smartphone et comme moi, vous aurez froid dans le dos et espérerez que cette nouvelle n'est pas visionnaire. Une bonne piqûre de rappel.

31 mai 2014

L'opéra de Shaya – Sylvie Lainé


Sylvie Lainé est une nouvelliste trop rare (ici, , et encore ... Des petits bouquins... Donc je maintiens l'adjectif « rare ») pour passer à coté d'un recueil. Comme d'habitude, c'est Actu SF qui publie. Il contient quatre nouvelles dont deux précédemment parues dans l'anthologie Contrepoint et l'anthologie Utopiales 2013 (toujours chez Actu SF, le premier étant gratuit pour pour l'achat de deux livres Actu SF... Donc, si vous achetez le second avec l'Opéra de Shaya... Dans la limite des stocks...).
La première nouvelle, qui donne son titre au recueil, est certainement (je ne peux pas l'assurer à 100% mais j'y crois dur comme fer) la plus longue jamais écrite par l'auteure. Pas loin de 90 pages où l'auteure nous montre une fois de plus une grande sensibilité. Elle aborde avec un grand soin la recherche de sa place dans l'univers, le rapport à l'étranger et le don de soi.

À noter aussi, une interview de Sylvie effectuée par Jean-Marc « Mais qu'est ce qui t'es passé par la tête en écrivant cette histoire, Sylvie ? » Ligny qui nous en apprend beaucoup.

8 juillet 2013

Planète à louer – Yoss

Deuxième livre au format poche que j’essaie dans la collection Helios de Mnémos (sur une remarque avisée de mon dealer qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd). C’est un auteur cubain totalement inconnu pour moi qui s’y prête.
Nous ne sommes pas seuls dans l’univers, loin de là. Hélas toutes les autres races, sans exception, considèrent l’humanité comme l’espèce la plus insignifiante. C’est dans ce contexte que nous suivons quelques destins humains. De la prostituée à la gamine du ghetto, en passant par l’artiste torturé (dans tous les sens du terme) et le sportif de haut niveau, tous cherchent à échapper à leur condition. Toutes les nouvelles sont reliées par un lien souvent extrêmement ténu mais peuvent se lire indépendamment.

Au dos du livre, il est indiqué « Toute ressemblance entre la Cuba des années 1990 et cette terre du XXIe siècle est purement intentionnelle ». Rétrospectivement, après la lecture des récits parfaitement construits, on se rend compte que la métaphore de ces textes laisse supposer une condition horrible dans cette île où l’on peut passer des vacances de rêve.
Vous l’aurez compris, c’est un livre génial qui tout en voulant dénoncer une condition actuelle est un grand livre de SF. In-dis-pen-sable !

5 juillet 2013

Rifteurs – Peter Watts

Après Starfish, ce livre est le deuxième volume des « aventures » de Lenie Clarke.
Une bombe nucléaire ? Qui en plus dévaste la côte pacifique des Etats-Unis ? Il en faut plus pour abattre Lenie Clarke ! Bon, résumons, dans le premier épisode, nous étions arrivé au postulat que la vie sur terre provient d’un organisme uni-cellulaire, et ce au détriment d’une autre souche que l’on appellera ßehemoth. Cette dernière sommeillait tranquillement au fond des océans jusqu'à que l’équipe de Lenie (mais pas toute seule) vienne changer la donne. Dans ce deuxième volume, ßehemoth se réveille et commence ses ravages dans la population tandis que Lenie entame une quête.

Toujours aussi hard-science que le premier volume, cette fois-ci principalement en biologie moléculaire, il est de ce fait assez difficile à lire si notre culture scientifique dans ce domaine n’est pas au niveau. Cependant, les aventures de Lenie ainsi que d’autres personnages de moindre importance sont prenantes et au final on passe un bon moment (malgré la frustration de l’attente du volume suivant).

18 juin 2013

Création – Johan Heliot

Après un épisode fantasy, retour à la SF avec ce roman qui est la quatrième production de cette auteur que je lis. Après Faerie Hacker et les 2 premiers de la trilogie de la lune (les 2 premiers ? oui, je sais… Mais ce sont les seuls publiés en version poche).
Dans le désert d’Israël, un immense jardin apparaît subitement. Jardin d’Eden ? preuve du créationnisme ? Accident nucléaire ? Premier contact ? Les options sont aussi nombreuses que les personnages que nous suivons.
C’est au fil de plusieurs récits parallèles, dont les trames s’entrecroisent parfois que nous suivons les aventures liés à cet incident que nous apprenons ce que cet événement signifie… Ou que nous croyons apprendre car en effet aucune réponse n’est posée de manière stricte.

C’est un exercice délicat que de mêler religion et science (sans parler de la localisation du roman sur un territoire particulièrement agité) mais Johan Heliot s’en sort très bien. Pas de prosélytisme, pas de parti pris. Un roman prenant et distrayant.

10 juin 2013

Le dos au mur – Christophe Lambert

5ième roman de Christophe Lambert (l’écrivain, pas l’acteur) chez Pocket.

En 2006, George W. Bush décide de la construction d’un mur entre les Etats-Unis et le Mexique pour juguler l’émigration clandestine.
Quelques années plus tard, une chaîne de télé profite de cette installation pour organiser une télé-réalité. 200 mexicains peuvent accéder dans l’american dream, le dernier à échapper à la police reçoit une carte verte, une maison et un joli paquet de fric.
En 2019, pour cette édition, nous suivons le parcours de quelques uns de ces fugitifs.

Christophe Lambert (l’auteur, pas l’acteur) a une grande expérience dans la littérature jeunesse. Je ne sais pas si c’était le souhait de l’auteur mais ce roman est à mon goût trop teinté jeunesse : les rebondissements prévisibles, les personnages cousus de fil blanc. Dommage. Un divertissement mais sans plus.

3 juin 2013

Crépuscules – Thierry Di Rollo

Recueil de 6 nouvelles chez ActuSF, c’est ma troisième incursion dans l’univers de Di Rollo, après « La lumière des morts » et « Meddik » sans oublier la nouvelle dans un « Territoire de l’inquiétude ». Cette nouvelle fait partie de ce recueil.
Au vu des deux premières nouvelles, j’ai cru que le thème général était les dérapages de la science. Mais les autres élargissent le spectre.
C’est sombre, étrange et fantastique. Bref, c’est à lire.

Le problème avec les recueils de cet éditeur, c’est qu’il sont trop court… beaucoup trop court. Une fois installé dans l’univers de l’auteur, c’est déjà fini.

1 juin 2013

Les fleurs du Karma – Tommaso Pincio

Encore une rencontre (internationale cette fois-ci) des dystopiales n°5. Comme son nom le laisse supposer, M. Pincio est italien. Je l’avais déjà rencontré aux Utopiales pour « Le silence de l’espace ».
Laïka Orbit (une référence au chien russe dans l’espace ?) est abordée par un étrange individu. Suivant son impulsivité, elle l’accompagne et se retrouve dans un monde encore plus étrange. En parallèle, nous suivons l’histoire de Kinky Baboosian (!!!) qui tente d’élever son enfant autiste dans les années 60.

Rétrospectivement, je qualifierai ce roman de Lynchien : On comprend chaque scène, mais quand on les met bout à bout on sent que quelque chose nous échappe. Après réflexion, on arrive à une interprétation mais on a toujours le doute que cette interprétation ne soit pas la bonne. Fan des films de David Lynch, j’ai donc apprécié ce livre.

La citation du jour : « Il est en outre pathétique que les gens ne soient pas capables de mémoriser un nombre avec quelques milliers de chiffres, ou qu’ils n’aient pas encore compris qu’un bon algorithme est la seule manière efficace de résoudre les problèmes. Ce sont des choses qui font mal à la respectabilité du genre humain »