Affichage des articles dont le libellé est fantastique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fantastique. Afficher tous les articles

21 juillet 2014

Ours – Diego Vecchio


Encore une découverte des dystopiales publié chez Arbre Vengeur dans la collection Forêt Invisible.

C'est un des cauchemars de toutes les mères : un enfant insomniaque. Quand l'heure du coucher devient un calvaire et épuise les réserves de maternaline (mot inventé par l'auteur mais qui est très explicite). Heureusement, les chinois ont inventés les ours en peluche souffrant du même syndrome et paradoxalement, c'est efficace ! Le plus difficile, c'est de mettre la main sur un exemplaire.

Commençant par les affres très réalistes d'une mère au bord de la crise de nerf, le roman enchaîne rapidement sur plusieurs contes pour adulte reliés entre eux. L'effet est très surprenant et les contes très originaux et un peu barrés sur les bords. Un des autres mots inventés par l'auteur mais qui aurait toute sa place dans le dictionnaire est « insomnifère ».

Diego Vecchio est un auteur argentin qui vit et enseigne en France. Il parle très bien français (je m'en suis rendu compte en le rencontrant) mais écrit en espagnol. Conquis par ce livre, je craquerai sans doute pour les autres œuvres de cet auteur (comme si cela ne suffisait pas...). Vive l'argentine !


16 juillet 2014

Les furies de Borås – Anders Fager


Une autre découverte des dystopiales publié chez Mirobole Édition.

A première vue, cet ouvrage s'apparente à un recueil de nouvelles fantastiques. Dans la première, un groupe de filles pas très catholiques participent à un sabbat encore moins catholique. Dans la seconde, historique celle-ci, une famille paisible de fermiers est décimée par des soldats et, dans ses derniers instants, l'homme, assisté de sa belle mère, lance une malédiction. Ainsi de suite jusqu'à la page 121 (sur 345), où je me suis rendu compte que la nouvelle que j'étais en train de lire était liée à la première.
Toute les nouvelles ne sont pas liées (encore que...) mais un fil rouge est présent.

La qualification n'est pas de moi, mais elle est tellement justifiée que je la reprend ici (merci ô qualificateur anonyme !) : « c'est du Lovecraft sans les adjectifs ». C'est difficile à décrire mais le coup de force de cet auteur est à la fois de nous plonger dans une ambiance extrêmement lourde tout en maintenant l'attention avec des incursions d'action fantastique. On est partagé entre l'envie de croire que c'est juste dans l'imagination des protagonistes et l'envie, aussi forte, de plonger dans le fantastique jusqu'à ce moment, dans chaque « nouvelle » où l'ambiguïté est levée.

Efficace et sans fioriture. Fager est un auteur à suivre pour tous les amateurs de Lovecraft et les autres. Vive la Suède !

24 avril 2013

Hellraiser – Clive Barker

Aaahhh ! La nostalgie des années 80 ! Le new wave ! Le walkman ! Le minitel ! Et l’horreur selon Clive Barker, l’anglais le plus glauque depuis mon homonyme britannique.
Les plus âgés se souviendront du film réalisé par le même Clive Barker sorti en 1988 (noté 7/10 sur IMDB).
Si j’interprète correctement les copyrights, le roman a été écrit avant le film.
À ce film très graphique, le roman apporte une dimension psychologique. En effet, le lecteur se place successivement dans les pensées de chacun des intervenants (à part bien sûr les cénobites).

1 février 2013

Loup, y es-tu ? – Henri Courtade


C’est dans l’air du temps, le revival des contes de fées, avec des séries comme « Grimm » ou « Once upon a time », alors, un livre dans cette veine, pourquoi pas ?
Le petit chaperon rouge (qui a bien grandi), Blanche-neige, la belle au bois dormant et Cendrillon sont la cible de tueurs. Deux d’entre elles en réchappent, sauvées par le traqueur et un des sept nains. Mais elles sont toujours en danger…
Derrière une couverture, avouons-le, beaucoup trop typée bit-chick-lit, se cache un thriller assez efficace reprenant les personnages de contes de fées. Entre récit contemporain anxiogène à souhait et flashbacks où le déroulement des contes est mis au goût du jour (en évitant habilement le coté gnan-gnan), on suit avec plaisir (et appréhension) les personnages très éloignés de la version Disney.
Le jeu du jour : mettre en correspondance les noms « modernes » avec les personnages des contes
  • Cindy Vairshoe                                    Blanche-neige
  • Virginia Woolf                                      La belle au bois dormant
  • Albe Snösen                                        Le petit chaperon rouge
  • Isabelle de Boisjoly                              Cendrillon
Laissez un commentaire pour vos réponses.

24 janvier 2013

Hadès Palace – Francis Berthelot


Il est étrange ce Berthelot, non seulement par son parcours professionnel mais surtout que pour un cycle de 6 volumes (pour l’instant), il y a 4 éditeurs différents ! Le cycle c’est « le rêve du démiurge » dont « Hadès Palace » est le sixième opus. Que l’on se rassure, les romans peuvent se lire indépendamment. C’est ce que j’ai fait car de ce cycle, je n’ai lu que celui-là dans sa ré-édition Folio SF.
Dans ce volet, nous suivons les pérégrinations de Maxime Algeiba, mime et contorsionniste, qui est « recruté » par l’Hadès Palace. Le rêve de tout artiste se mue en cauchemar.
Faut être con quand même ! Rien que le nom « Hadès », il n’inspire pas la joie de vivre ni les vertes prairies de l’Eden ! Alors pour y signer un contrat…
On l’aura compris ce roman n’a rien d’une promenade de santé. Découpé en trois parties les deux premières sont, si l’on peut dire, ancrée dans la réalité alors que la troisième plane très haut.
On déprime en même temps que le héros mais on ne peut s’empêcher de penser que la fin sera plus optimiste. Las, la fin a un goût doux-amer car on ne sort pas indemne de l’ « Hadès Palace ».

7 janvier 2013

Stairways to hell – Thomas Day

Mince ! J’ai 10 ans de retard sur celui-là ! Tempus fugit !
Recueil (schizophrénique ?) de 3 nouvelles, chacune relatant un parcours initiatique :
  • « Extermination highway » ou la rédemption de Thomas
  • « Dirty boulevard » ou la transgression de Thomas
  • « Punishment park » ou la descente aux enfers de Thomas
Comme l’auteur l’explique dans la préface, ces nouvelles sont exutoires. Il faut donc avoir les tripes bien accrochées pour suivre les parcours des différents Thomas. Peut-être paradoxalement, mais j’ai été moins choqué par ces nouvelles que celles de « Women in chains ».
En revanche, ce qui m’a énervé c’est quand il écrit, toujours dans la préface « Il n’y a rien de plus facile que de vider ses poches d’encre noire, c’est même, sans doute, une forme de lâcheté brutale, à la portée de tous. ». Facile ? À la portée de tous ? Là-dessus, on n’est pas d’accord !
Le titre du recueil est particulièrement bien choisi quand on connaît les controverses à propos du fameux morceau de Led Zep.
La citation du jour (tirée de la dernière nouvelle) : « Pour le souvenir que j’en ai, la pute niçoise, c’est à peu près aussi bandant que Pavarotti avec un bavoir occupé à manger des fruits de mer… »

2 octobre 2012

Les grandes profondeurs – René Reouven

Sous la forme d’un journal d’études, l’histoire raconte les déboires d’un scientifique du 19ième siècle avec son invention. Créée au départ avec la volonté de faire apparaître des ectoplasmes sans médium, elle s’avère montrer les pulsions les plus basses des sujets d’expérience.
La narration correspond à l’époque et nous avons le plaisir de croiser les scientifiques, les écrivains et les poètes de cette époque.
En un mot : superbe !
Mon conseil : ne lisez pas la quatrième de couverture ! (elle gâche le plaisir de la découverte)

19 septembre 2012

Moi, Cthulhu – Neil Gaiman

Nouvelle de jeunesse de Neil Gaiman, elle narre de manière parodique Cthulhu racontant ses mémoires (surtout ne pas oublier de nourrir le shoggoth !). Que ceux pour qui l’univers de Lovecraft est inconnu se rassurent, les notes érudites de Patrick Marcel vont grandement vous aider.

25 juillet 2012

Sur les ailes du cauchemar – Lisa Tuttle

Je ne sais pas comment il fait mais de temps en temps mon dealer attitré achalande ses rayons avec des bouquins épuisés à l’état neuf. J’en ai donc profité cette fois-ci pour acquérir un recueil de nouvelles de Lisa Tuttle (que j’ai déjà chroniqué ici sur l’excellentissime « Ainsi naissent les fantômes » et ici).
Paru en 1995 chez « Présence du fantastique » (petite sœur de la collection « Présence du futur »), ce recueil contient 13 (!) nouvelles. Version francophone du recueil « Memories of the body », mais comme certaines nouvelles étaient déjà parues dans les « Territoires de l’inquiétude », Denoël a remplacé ces nouvelles par des inédits (ils étaient sympa chez « Présence du fantastique » !).

Même si elles commencent à dater, elles sont toujours efficaces. A part « Lézard du désir », elles démarrent toutes dans une réalité conforme à notre monde mais la dimension fantastique prend très rapidement le pas. Un début « normal », une montée en puissance très rapide, une fin radicale, le tout mâtiné de sensibilité féminine : un cocktail parfait !
Pour l’avoir rencontré à deux reprises, je peux vous certifier que Mme Tuttle est une (très) gentille dame mais au vu de ce qu’elle écrit, des fois, elle me fait peur.

25 mai 2012

Ainsi naissent les fantômes – Lisa Tuttle

Recueil de nouvelles fantastiques, je voudrais évoquer ici la première nouvelle qui m'a profondément marqué. Brièvement et pour ne pas ruiner l'histoire pour ceux qui ne l'auraient pas lu (tss tss tss !), c'est une histoire d'enlèvement d'enfant (sujet ô combien délicat). Depuis que je l'ai dévorée, je n'arrête pas de me demander pourquoi je suis aussi facilement rentré dans la dimension fantastique et que la pilule de la « dure » réalité a été aussi amère à avaler. Mme Tuttle, par cette nouvelle, nous fait habilement comprendre que le fantastique n'est pas forcément la voie obscure mais peut présenter un aspect optimiste. En une seule phrase, elle nous démontre que la réalité est pourrie jusqu'à la moelle et que le fantastique y est préférable. Un superbe effet stylistique et une conclusion terrible. Je recommande à tous à condition d'avoir le cœur bien accroché (pour preuve, je suis encore traumatisé). Pour moi, cette nouvelle est la plus forte de ce recueil et j'aurai préféré qu'elle y figure en dernière position.