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25 juillet 2012

Sur les ailes du cauchemar – Lisa Tuttle

Je ne sais pas comment il fait mais de temps en temps mon dealer attitré achalande ses rayons avec des bouquins épuisés à l’état neuf. J’en ai donc profité cette fois-ci pour acquérir un recueil de nouvelles de Lisa Tuttle (que j’ai déjà chroniqué ici sur l’excellentissime « Ainsi naissent les fantômes » et ici).
Paru en 1995 chez « Présence du fantastique » (petite sœur de la collection « Présence du futur »), ce recueil contient 13 (!) nouvelles. Version francophone du recueil « Memories of the body », mais comme certaines nouvelles étaient déjà parues dans les « Territoires de l’inquiétude », Denoël a remplacé ces nouvelles par des inédits (ils étaient sympa chez « Présence du fantastique » !).

Même si elles commencent à dater, elles sont toujours efficaces. A part « Lézard du désir », elles démarrent toutes dans une réalité conforme à notre monde mais la dimension fantastique prend très rapidement le pas. Un début « normal », une montée en puissance très rapide, une fin radicale, le tout mâtiné de sensibilité féminine : un cocktail parfait !
Pour l’avoir rencontré à deux reprises, je peux vous certifier que Mme Tuttle est une (très) gentille dame mais au vu de ce qu’elle écrit, des fois, elle me fait peur.

25 mai 2012

Ainsi naissent les fantômes – Lisa Tuttle

Recueil de nouvelles fantastiques, je voudrais évoquer ici la première nouvelle qui m'a profondément marqué. Brièvement et pour ne pas ruiner l'histoire pour ceux qui ne l'auraient pas lu (tss tss tss !), c'est une histoire d'enlèvement d'enfant (sujet ô combien délicat). Depuis que je l'ai dévorée, je n'arrête pas de me demander pourquoi je suis aussi facilement rentré dans la dimension fantastique et que la pilule de la « dure » réalité a été aussi amère à avaler. Mme Tuttle, par cette nouvelle, nous fait habilement comprendre que le fantastique n'est pas forcément la voie obscure mais peut présenter un aspect optimiste. En une seule phrase, elle nous démontre que la réalité est pourrie jusqu'à la moelle et que le fantastique y est préférable. Un superbe effet stylistique et une conclusion terrible. Je recommande à tous à condition d'avoir le cœur bien accroché (pour preuve, je suis encore traumatisé). Pour moi, cette nouvelle est la plus forte de ce recueil et j'aurai préféré qu'elle y figure en dernière position.