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2 octobre 2014

Qui ? – Jacques Expert


Encore un souvenir de Saint-Maur en poche (édition 2014).

Des les premières pages on sait que cette histoire ne sera pas une sinécure. Carpentras, 1994, une fillette de 10 ans est retrouvée violée et assassinée. Ce crime particulièrement horrible a détruit moralement le quartier pavillonnaire du Grand-Chêne, d'autant plus que le coupable n'a pas été arrêté. 19 ans plus tard, soit quelques mois avant la prescription, un reportage télé rouvre les plaies. Quatre couples dans la tourmente (dont celui de l'assassin) vivent un retour vers le passé pendant la durée de cette émission, avec leurs doutes et leurs certitudes.

Cela commence a devenir une habitude : Jacques Expert chamboule les codes du polar. Le suspense concernant l'identité du criminel n'est dévoilé que dans l'épilogue. Cela nous oblige à suivre et quelque part à nous identifier à ces destins détruits par un horrible événement.
Le coté négatif est que comme les protagonistes traversent les mêmes interrogations et les mêmes doutes, la surprise est quelque peu gâchée car tous les couples sont quasiment identiques et donc tous les hommes de ces couples sont potentiellement coupables.

On préférera :

17 août 2014

Adieu – Jacques Expert


Un souvenir de Saint-Maur en poche (édition 2014)

Flashback : 2001, des familles (à l'exception du père qui disparaît) sont assassinées en région parisienne. Chargé de l'enquête, le commissaire Langelier piétine jusqu'à que sa hiérarchie l'écarte.
Dix ans plus tard, le soir de son départ à la retraite, Langelier règle ses comptes. Avec l'enquête qu'il a poursuivi dans son temps libre, avec Ferracci, son supérieur qui lui a fait porter le chapeau sur l'échec de l'enquête initiale, avec certains de ses collègues qui l'ont espionné pour le compte de Ferracci.

Une fois de plus, Jacques Expert (à la scène, directeur des programmes de RTL) casse les codes du polar classique : la continuité du flic chargé de l'enquête, le suspense impliqué par un tueur en liberté qu'il faut arrêter avant qu'il ne récidive. Même si l'enquête appartient au passé, la tension est permanente et l'affrontement entre Langelier et Ferracci est magistrale. L'obsession de Langelier est finalement très humaine et cela ajoute au stress. Encore une fois, j'ai été bluffé.

On pourra aussi lire du même auteur « La femme du montre » et « La théorie des six ».

11 août 2014

La théorie des six – Jacques Expert


Un souvenir de Saint Maur En Poche édition 2013.

La théorie des six énoncée par le hongrois Frigyes Karinthy (je n’invente rien, c’est indiqué au dos du livre et si vous ne me croyez pas, suivez les liens vers Wikipedia !) postule que tout individu nous est accessible par l’intermédiaire de six poignées de mains (ça ressemble un peu à l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours).

C’est pour prouver cette théorie qu’un homme commence à assassiner des gens. Il commence donc par tuer un clochard à Marseille avec pour objectif de construire un chemin sanglant vers sa cible. Comme tout psychopathe qui se respecte, il réussit en parallèle à narguer les services de police.

Plus convenu que « La femme du montre » du même auteur, ce polar reste néanmoins original et prenant juste qu'au terrible final.

24 juillet 2014

La femme du monstre – Jacques Expert


Un souvenir de Saint Maur En Poche édition 2013.

C’est un roman qui commence là où il se terminerait classiquement. Le meurtrier est connu et arrêté. Ha ! Mais il est où le suspense, il est où le long labeur des enquêteurs me demanderez-vous. Foin de tout cela car l’histoire commence au premier jour du procès et le point de vue narratif est celui de la femme du criminel. Celle-ci nous raconte leur histoire en tant que couple.

Légèrement raciste, un soupçon vieille France, carrément dominée par son mari, on hésite entre l’envie de la secouer (j’aurais bien dit « de la baffer » mais je ne frappe pas les femmes) et l’empathie qu’elle suscite.

Encore une fois, ce point de vue constitue la grande originalité de roman. Génial !